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HOMÉLIE
de Serge Charbonneau

HOMÉLIE DU 1er JANVIER 2013

 

Plusieurs paroissiens m'ont invité à publier le texte de l'homélie que j'ai prononcé

à la messe de 20h00 à PBVM et à la messe de 10h00 à NDDC. La voici.

 

En 2002, j'ai connu une fin d'année semblable à celle de cette année: deux mois de repos. Il y a toutefois eu une différence majeure: en 2002 ma mère qui fait deux AVC en octobre et est paralysée depuis ce temps et moi j'ai été hospitalisé deux fois avec des examens médicaux en vue dont neurologique !

 

Or, cette année-là, à la période des fêtes, un couple d'amis m'a remis en cadeau un livre intitulé : « Ré enchanter la vie ». Je trouvais le titre très beau et le défi à relever fort intéressant. Ce titre a alors inspiré mon homélie du 1er janvier 2003.

 

Comme je conserve mes homélies (car j'aime aller puiser dans ce que j'ai déjà dit: il y a encore des sujets très bien ajustés pour notre époque), j'ai décidé de vous la présenter intégralement pour vous offrir mes voux en ce 1er janvier 2013.

 

Si on a à « ré enchanter la vie », c'est que, parfois, elle perd de son enchantement. J'avais alors vérifié la définition du mot « enchanter »: on parle de « remplir d'un vif plaisir, de satisfaction au plus haut point, de ravissement, de charme ».

 

Je nous souhaite donc de pouvoir, selon cette description, de pouvoir sans cesse ré enchanter notre vie, surtout dans les journées où elle perdra de son charme, de son ravissement lorsque nous vivrons des jours sombres, des périodes bouleversantes.  Pour ré enchanter notre vie, deux moyens me sont venus à l'esprit.

 

Un premier: faire effort pour trouver régulièrement en nous et autour de nous, des sources de lumière et de sérénité, des sources d'espérance et de courage, des sources de patience et de force, des sources de confiance en Dieu, dans les autres, en soi.

 

Le deuxième moyen m'a été inspiré par le fait que le premier janvier est aussi un jour de prière pour la paix. Je nous souhaite, comme le dit si bien une prière de saint François d'Assise, d'être des instruments de paix:  en mettant de la paix là où il y a de la haine, du pardon là où il y a l'offense, de l'union quand existe la discorde, de la vérité quand règne le mensonge, de la foi là où il y a le doute, de l'espérance là où il y a le désespoir, de la lumière quand les ténèbres prennent beaucoup de place, de la joie quand sévit la tristesse.

 

Il m'apparaît important de signaler que la haine et l'offense, la discorde et l'erreur, le doute et le désespoir, les ténèbres et la tristesse ne sont pas seulement dans le cour des autres et quand cela nous habite, la vie perd beaucoup de son charme, de la satisfaction qu'on en éprouve. Le charme peut être même rompu... définitivement pour certaines personnes!

 

Bien sûr, à la suite de Celui qui est venu pour que nous ayons la vie en abondance, nous sommes invités à semer dans les cours, quand on nous les ouvre, l'amour et le pardon, l'union et la vérité, la foi et l'espérance, la lumière et la joie.

 

Mais nous sommes également appelés à prendre des décisions appropriées pour faire encore en sorte que ces valeurs s'incarnent de plus en plus dans notre vie, afin d'accomplir davantage le bien que nous désirons réaliser. Pour « ré enchanter » notre vie, entre autres par les moyens proposés ci-haut, il nous faut soigner quelques attitudes de fond. Voici quelques suggestions !

 

Il m'apparaît essentiel de développer, dans ce monde si bruyant, une spiritualité du silence à l'exemple de Marie qui, comme l'écrit saint-Luc, « retenait tous ces événements et les méditait dans son cour ».  À propos du silence, j'ai lu ceci: « C'est dans le silence que Dieu travaille les cours.  C'est dans le silence que les résistances les plus tenaces à la grâce tombent.  C'est dans le silence que les décisions de suivre généreusement le Christ se prennent ».

 

Il est également nécessaire de développer une spiritualité des « pauvres de coeur » en acquiesçant à nos manques et en choisissant, en conséquence, de nous laisser rejoindre par ce qu'autrui nous apportera de riche, par toutes les sortes de grâce que Dieu nous offrira (et, dans son cas, le passé garantit toujours le futur).

 

Nous devons nourrir aussi une spiritualité de l'abandon, c'est-à-dire se donner la chance, à travers des expériences de purge et d'aridité, conscients des deuils à vivre, de faire les changements nécessaires pour emprunter les chemins qui nous permettront de « ré enchanter la vie ».

 

Enfin, développer enfin ce qu'on appelle une spiritualité du « pèlerinage », en d'autres mots nous organiser pour nous remettre en route plutôt que piétiner ou rester écrasés.

 

Si nous arrivons à vivre un temps soit peu ce que je viens de vous partager, nous pourrons dire, avec enthousiasme et conviction, « Magnificat », car nous aurons identifié, dans notre quotidien, des ravissements, des charmes, des enchantements, des moments de plaisir dans la vie, bref, des merveilles que le Seigneur fait pour nous.

 

Que le Seigneur fasse briller sur vous son visage, qu'Il se penche vers vous et qu'Il vous comble de ses bénédictions.

 

 

BONNE, HEUREUSE ET SAINTE ANNÉE !

 Serge Charbonneau, ptre


Dimanche Le Saint-Sacrement du Corps et du Sang du Seigneur
10 juin 2012

AU COEUR DE MA VIE, L'EUCHARISTIE

En préparant cette homélie, m'est revenu en mémoire un livre que j'ai lu il y a quelques années, écrit par l'Abbé Henri Nouwen : « Au coeur de ma vie, l'eucharistie ». En cette fin de semaine où nous célébrons d'une manière spéciale l'eucharistie, nous sommes invités à nous redire jusqu'à quel point elle est vraiment au coeur de notre vie. Au coeur de notre vie, non seulement en venant à l'église, mais en menant une vie inspirée par l'eucharistie. Que peut vouloir dire cette expression ? Je vous propose trois pistes de réflexion.

Nous démontrons que l'eucharistie est au coeur de notre vie quand nous avons le coeur rempli de gratitude. D'ailleurs, dès le début, les chrétiens ont nommé le mémorial de la Cène du Seigneur « eucharistie », c'est-à-dire « action de grâce », parce qu'ils ont "raidement" compris que, faire mémoire de ce dernier repas de Jésus, c'est un acte de remerciement fondamental pour la grandeur de l'amour de Dieu pour nous: Jésus a donné sa vie pour que nous l'ayons en abondance et il fait sien dans son corps et dans son sang tout ce que nous accomplissons, comme Lui, de grand, de beau et de bon.

Dire merci aussi parce que l'eucharistie nous permet de faire mémoire de tout le chemin que le Seigneur nous a fait parcourir avec Lui, le pain et le vin étant signes de sa présence au milieu de nous. Avoir aussi le coeur à l'action de grâce parce que, face à nos peines, à nos deuils, au lieu de choisir le ressentiment qui est une des forces les plus destructives de notre société, l'eucharistie nous propose un autre choix : réalisant qu'il existe des bienfaits cachés derrière chacune de nos souffrances, opter pour la gratitude, non pour les souffrances, mais pour la vie qui a pu en surgir.

Nous montrons aussi que nous menons une vie inspirée par l'eucharistie en étant nourrissants pour les gens qui nous rencontrent parce que nous nous nourrissons du Christ: nous mangeons sa Parole et le Pain de Vie de telle sorte que nous communions à sa vie, à savoir : son mode de vie, son approche du bien et du mal, sa proximité des gens, sa vérité. On dit d'un livre ou d'un discours qu'il est nourrissant ! On devrait pouvoir dire la même chose de nous !

Pour Jésus, il y avait une harmonie totale entre ses paroles et ses actions. Entre ce que nous disons et ce que nous faisons, il devrait y avoir une harmonie de plus en plus grande, ce qui indiquera jusqu'à quel point la «nourriture» reçue alimente tout notre être.

Enfin, nous prouverons que notre vie est inspirée par l'eucharistie en nous impliquant pour favoriser l'unité chez les humains: en nous-mêmes, dans notre entourage familial et social. Cela est loin d'être évident parfois ! Rappelons-nous toutefois une interpellation-clé de Jésus à ses disciples : « Voici en quoi on vous reconnaîtra pour mes disciples: à l'amour que vous aurez les uns pour les autres ». De se redire cela à chaque messe, c'est capital, parce que « l'eucharistie célèbre au coeur du monde l'engagement à la communion » : communion à Jésus comme personne; communion au Corps du Christ dans le pain et le vin consacrés; communion au Corps du Christ qui symbolise l'union entre les membres de l'Église en vue de favoriser les liens entre Jésus et l'humanité.  Cela signifie que « nous sommes envoyés pour enseigner, d'abord par la qualité de notre vie, pour guérir, pour inspirer et pour offrir de l'espérance au monde »: en promouvant la justice dans un monde truffé d'injustices, en luttant contre toutes les formes de faim, en libérant des gens de ce qui opprime leur corps, leur coeur. Faire tout cela « non pas d'abord comme le fruit de nos propres talents, mais comme l'expression de notre foi en Jésus qui nous a rassemblés ».

Voilà donc quelques éléments qui peuvent démontrer jusqu'à quel point l'eucharistie est au coeur de notre vie: avoir un coeur rempli de gratitude et non de ressentiment, être nourrissants pour les autres, vivre comme des gens de communion et non de désunion.

Rendons grâce au Seigneur parce que l'eucharistie donne le véritable sens à notre présence dans le monde. Prions pour qu'à chaque fois que nous la célébrons, elle soit pour nous lumière et force et nous stimule à en faire sortir tous les fruits: des fruits d'action de grâce, de nourriture saine pour le coeur, de communion.

Serge Charbonneau, ptre (d'après diverses sources)


Dimanche de la Trinité « B »
3 juin 2012

DIEU

Il s'avère toujours impossible de dire en totalité qui est quelqu'un, même si nous sommes en contact depuis longtemps. Nos mots peuvent préciser certains aspects de telle personne mais cela demeure bien limitatif car chaque personne humaine constitue un mystère dont on saisit des «petits bouts» au fur et à mesure que nos liens avec elle s'approfondissent.

Alors, imaginez quand il s'agit de parler de Dieu : « Aucune expression humaine ne peut prétendre dire pleinement et parfaitement qui est Dieu ». Nous serions sans doute étonnés du total de noms qu'on donne à Dieu dans la Bible ! Chacun en dit un aspect mais l'ensemble ne dit pas tout de Lui.

En fin de compte, ce que nous pouvons en dire de mieux, c'est ce que Jésus nous présente : « Depuis que Jésus nous a révélé que Dieu est Père, Fils et Esprit, nous privilégions ces trois noms et nous les considérons comme les trois plus beaux noms de Dieu ».

Aujourd'hui, en cette fête de la Trinité, nous sommes invités à contempler Dieu sous ces trois beaux noms. Contempler plutôt qu'expliquer qui il est! Contempler et donner davantage notre cour à ces trois beaux noms qui disent « Dieu ».

Contempler le Père. Entre autres, comme créateur. Il m'apparaît intéressant de préciser que, dans la Bible, créer signifie particulièrement « mettre de l'ordre dans le chaos ». C'est ce qu'indique le récit si connu de la création en sept jours dans lequel on décrie Dieu qui sépare les éléments; par exemple: la lumière et les ténèbres, la terre et le ciel. S'Il en fut mystérieusement ainsi à l'origine, notre foi nous dit qu'Il le fait encore dans notre monde si chaotique. Maintenant, c'est par nous qu'Il veut mettre de l'ordre dans le chaos. Et ce ne sont pas les chaos qui manquent, n'est-ce pas ! Autour de nous certes, mais aussi en nous !

Contempler le Fils. Entre autres, comme Sauveur : celui qui est venu sauver ce qui était perdu, qui a donné du sens à des vies brisées, qui a donné accès à la vie en abondance. Il l'a fait avec délicatesse, miséricorde et dans un profond esprit de service. Notre foi nous dit qu'Il le fait encore par nous; Il nous appelle à être des planches de salut comme Lui pour des gens de notre temps. Toutefois, le cour pouvant se définir comme « une porte à une poignée et la poignée est en-dedans », il arrive que des gens ne veuillent l'ouvrir à la vie qu'on souhaite leur apporter. Mais quand la « porte » est ouverte, agissons de plus en plus comme Jésus: avec délicatesse, miséricorde et un profond esprit de service.

Contempler l'Esprit. Entre autres, comme le Souffle, l'inspirateur. Il est celui qui nous fait bouger dans le même sens que le Père et Jésus. Il l'a fait à toutes les époques de l'humanité. Notre foi nous dit qu'Il inspire encore grandement aujourd'hui. Il donne du souffle; Il permet de reprendre souffle, Il nous aide à « souffler du bon air » aux gens qui n'ont plus d'allant.

Plus nous contemplons Dieu tel que nous l'a révélé Jésus, plus nous pouvons le percevoir comme un Dieu «qui agit, construit, qui bouge et qui est vivant». Cela se vit à travers les liens étroits qu'Ils ont l'un et l'autre: une relation d'amour indiquée par Jésus dans laquelle nous sommes appelés à entrer. Prier le Père ou le Fils ou l'Esprit nous place donc toujours en communion avec les trois. Celle-ci fera en sorte que nous serons, de mieux en mieux: créateur, sauveur, inspirateur.

Fêter la Trinité, c'est donc continuer d'être en lien profond à ce que sont ces personnes dans leur relation intime, à en témoigner et à en rendre grâce.

Dieu, tu es Père, tu es Fils, tu es Esprit. Nous te louons et te bénissons. Nous t'aimons et nous te rendons grâce de ce que tu es pour mieux devenir ce que nous sommes: car ne nous as-tu pas créés à ton image et à ta ressemblance?»

Serge Charbonneau, ptre (selon des sources diverses)

 


Dimanche de la Pentecôte « B »
27 mai 2012

NOUS FÊTONS L'ESPRIT SAINT

Il y a des gens que nous connaissons que nous pouvons considérer comme des rocs sur lesquels s'appuyer, des sources splendides d'inspiration pour nous aider à voir clair, pour nous aider à trouver les bons mots et les bonnes attitudes, des confidents avec qui on se sent à l'aise de tout dire parce que leur réceptif est un lieu privilégié dans lequel on peut se réfugier sans crainte. Ce sont des gens constamment disponibles: on ne les dérange jamais même si on les dérange de fait ; des gens à l'action souvent très discrète (peu de personnes savent qui est ainsi pour nous).

Voilà à quoi me fait penser l'Esprit-Saint ! Il nous est donné par Jésus comme ce « roc », un Défenseur, afin qu'il fasse pour nous, à ce temps-ci, ce que lui, Jésus, a fait pour ceux et celles qu'il a croisés lors de son passage sur la terre. Il habite alors tout notre être. Cette réflexion m'a rappelé un très beau témoignage qu'on m'a livré il y a un certain temps à propos de l'Esprit. Une personne m'a raconté qu'elle lui demande sans cesse de la guider pour à peu près tout et cela marche!

Bien sûr, que « ça marche »: Jésus l'a promis ! Alors, quand on est raide dans le coeur et qu'on s'assoupit, c'est l'action de l'Esprit ! Quand on vit des froids intérieurs et qu'on réussit à se réchauffer, c'est Lui ! Quand on réalise qu'on fait fausse route et qu'on se donne des moyens pour marcher plus droit, c'est Lui qui en est la source! Si on demande du repos quand on sent notre vie trop laborieuse, il le fait et des moyens viennent! Si on lui demande de nous rafraîchir quand on vit davantage de complications dans notre cour ou quand on vit dans la peine et qu'on lui demande du réconfort, il le fait et les moyens viennent !

Toutefois, cela ne se passe pas comme si c'était de la « potion magique ». Car les moyens viennent, par exemple, à travers des personnes qu'il nous est donné de rencontrer, des événements imprévus qui se produisent, un texte de la Parole de Dieu qui arrive à point nommé. Il faut alors décider de les prendre !

En cette fête de la Pentecôte, fêter l'Esprit-Saint, c'est d'abord rendre grâce pour cette « force tranquille » que le Seigneur met sur notre route et l'assurer de notre confiance en sa présence indéfectible, surtout quand nous vivrons des situations compliquées. C'est lui redire également notre ferme intention de ne pas éteindre son action en nous en choisissant de nous arranger tout seul mais en faisant preuve d'audace pour discerner les moyens qu'il nous propose et de les prendre.

Fêter l'Esprit-Saint, c'est s'engager à prêter attention à ce qu'il fait dans le cour des gens et à en témoigner particulièrement quand cela se produit pour ceux et celles qui ne le connaissent pas (ce que les Apôtres ont souvent su accomplir dans plusieurs de leurs rencontres, racontées dans le livre des Actes des Apôtres).

Fêter l'Esprit-Saint, c'est s'engager à le laisser nous renouveler en toutes choses; en d'autres mots, à « se placer davantage à l'air de Dieu » dans ce qui est à dire et à faire.

Dans notre manière de « dire » en consentant de tout cour aux efforts nécessaires pour devenir de plus en plus polyglotte afin de mieux rejoindre les gens «dans leur langue du cour»; par exemple, on ne peut parler de la manière de la foi avec des gens qui s'en nourrissent en abondance et avec d'autres qui en sont mieux familiers. Il en va de même avec la souffrance: on ne peut l'aborder de la même manière avec des gens qui vont bien et avec des personnes qui souffrent.

Dans notre manière de « faire » en s'investissant de telle sorte que notre action soit de plus en plus identifiée aux fruits de l'Esprit : l'amour, la joie, la paix, la patience, la bonté, la bienveillance, la confiance dans les autres, l'humilité, la maîtrise de soi (cf. : lettre de Paul aux Galates 5:22-24). Des attitudes de cour qui seront parfois mal comprises, qui seront vues comme inappropriées dans ce monde hautement compétitif, dans lequel on règle souvent les problèmes dans l'affrontement, dans lequel l'intolérance et l'agressivité occupent une place trop importante.

Dans un cas comme dans l'autre, voilà tout un engagement à prendre encore aujourd'hui: être sensibles à ce que l'Esprit nous inspirera pour faire en sorte que nos paroles et nos actes témoignent de la présence réelle de Jésus dans notre monde.

Prions l'Esprit d'accueillir de mieux en mieux ce que son souffle nous inspirera afin que nous le laissions continuer, dans notre cour, l'ouvre d'amour qu'il a entreprise dès le début de la prédication de l'Évangile. Rendons-lui grâce pour son ouvre en nous et dans de nombreuses personnes que nous connaissons et soyons-en les témoins.

Serge Charbonneau, ptre


En mission de Paix!

Texte du 15 avril 2012

À certaines périodes de nos vies, surtout lorsque nous vivons des moments plus fébriles ou stressants, nous avons besoin de ressentir vivement du calme, « d'avoir la paix », comme nous l'exprimons parfois. Nous pouvons trouver cette paix : dans certains lieux (la nature, l'église, un coin de la maison), au contact de personnes significatives pour nous, des gens qui nous font grand bien, en accomplissant des actions telles que prier, marcher, lire, écouter de la musique.

Ces moments pacifiants sont précieux car ils constituent des relais importants pour nous permettre de voir plus clair, d'envisager les événements sous un angle différent, de prendre une « pause intérieure ».

C'est ce type de paix que Jésus ressuscité a apporté à ses Apôtres quand il la leur souhaitait. Ceux-ci vivaient une période de vie stressante : la peur les habitait, leur cheminement de foi était fortement bousculé, des doutes les tenaillaient. Il n'y a pas seulement Thomas qui ait douté; on peut également évoquer le scepticisme des Apôtres lorsque les femmes sont venues leur dire avoir vu Jésus Ressuscité ainsi que le questionnement des disciples d'Emmaüs. C'est dans ce contexte fort éprouvant que Jésus est venu leur dire : « La paix soit avec vous ! ». Il leur donnait alors une profonde assurance: « Je suis là; c'est bien moi. Que cela vous mette de la paix dans votre coeur. »

Éventuellement, cette paix fera son chemin. Cela deviendra nettement visible: par leur façon de témoigner de la résurrection au moment où ils commenceront à prêcher ; par leur façon de vivre leur quotidien et le souci des uns et des autres qu'ils développeront; par leur manière de se situer par rapport aux épreuves qu'ils auront à affronter : ils les mettront toujours en lien avec la puissance de Dieu qui leur permet de faire face avec courage et détermination.

Célébrer la résurrection de Jésus nous donne, sans cesse, l'opportunité de faire nous-mêmes l'expérience de ce calme intérieur apporté par Jésus Vivant puisque c'est à nous qu'il dit maintenant, à l'intérieur même du « brassant » qui habite notre coeur: « Que ma paix soit avec vous ! »

En effet, quand nous prenons le temps de nous mettre en sa présence et de le laisser entrer doucement dans notre coeur, cela nous remplit d'une assurance intérieure qui soulage les inquiétudes et nous aide à dédramatiser les situations; il imprègne alors notre coeur d'une joie profonde (pas une joie délirante ou tapageuse), mais ce que j'appellerais « un sourire du coeur » qui indique qu'au dedans de nous, nous sommes bien, même si nous demeurons conscients que les difficultés sont encore bien présentes.

Toutefois, cette paix ne nous est pas donnée par Jésus pour notre seul bien-être personnel, mais aussi en vue de la mission qu'il attend de nous: une mission de paix ! Car « sa paix est un don qu'il nous fait et que nous devons transmettre ». Comme Lui. Quand il nous dit : « Comme le Père m'a envoyé, mais aussi je vous envoie », il nous envoie pour répandre sa paix dans le coeur des gens.

Nous répondrons à cet appel : à chaque fois que nous ferons surgir de la joie et du pardon au coeur des gens; à chaque fois que nous aiderons des gens à vaincre la peur, surtout la peur de démontrer qu'ils sont disciples du Christ et en communion avec l'Église ; à chaque fois que nous permettrons à des gens de toucher l'idéal de vie proposé par Jésus; à chaque fois que nous prendrons à coeur la misère des personnes qui nous entourent afin de pouvoir « susciter en eux courage et espérance ».

Pour y arriver, plusieurs moyens sont à notre disposition : un regard rempli de tendresse, une écoute attentive, miséricordieuse, non jugeante, une manière de parler en douceur. Faire cela avec calme, sans vouloir tout changer tout d'un coeur, en utilisant la tactique des « petits pas », en ayant toujours soin de nous donner les moyens pour que la paix du Christ nous inonde et nous transforme, afin d'avoir plus de paix en nous : car nous ne pouvons pas donner ce que nous n'avons pas.

Encore aujourd'hui, par la paix qu'il nous laisse, le Seigneur agit dans notre vie personnelle, et par nous, il agit dans le monde. Parce qu'il en est ainsi, à l'exemple de Thomas, avec toute la profondeur de notre foi, sachons lui dire comment nous sommes heureux de pouvoir vibrer à la paix de celui qui est « Mon Seigneur et mon Dieu » afin de la répandre le plus possible autour de nous.

Serge Charbonneau, ptre (selon diverses sources)


Aucun texte en relâche du 12 février au 8 avril 2012


Texte du dimanche 5 février 2012

PASSION

En réfléchissant sur les lectures d'aujourd'hui, un mot m'est venu à l'esprit : « passion ». Je percevais Job, Paul et Jésus comme des gens passionnés. Au premier coup d'oil, cela semble plus évident chez Paul que chez Job qui se plaint de la vie et de Jésus qui semble faire les choses bien calmement.

Je désire préciser que le mot « passion » a deux volets. Un premier est en lien avec tout ce qu'on investit dans une cause ou dans une relation interpersonnelle ; on y consacre alors beaucoup de temps et d'énergie. Le deuxième fait penser à souffrance. Nous ne pouvons aimer avec passion sans que cela nous fasse souffrir. Il y a des gens qui ne comprendront pas pourquoi on se donne tant de peine dans telle situation ; il y des liens interpersonnels qui ne vont pas toujours comme on le souhaitait: pensons à la souffrance des parents vis-à-vis du comportement de certains de leurs enfants ou des enfants par rapport à des comportements de leurs parents. De plus, quelle personne ne souffre pas quand elle voit un « être aimé » souffrir ? On peut discerner ces deux volets chez Job, Paul et Jésus.

Je crois que nous connaissons l'histoire de Job. On pourrait la résumer ainsi : l'homme juste qui souffre injustement. On a même employé à son sujet, l'expression : « Le saint homme Job ». Dans l'extrait de la Parole de Dieu de ce dimanche, le « saint homme Job » a « son voyage ». Il y révèle sa détresse alors qu'il constate combien son sort d'être humain est cruel; il ira même jusqu'à accuser le Seigneur de son malheur.

Pour parler ainsi, il faut, selon moi, être passionné de la vie; car, quand on se révolte, c'est que quelque chose nous agresse profondément et nous empêche de profiter de la qualité de vie qu'on voudrait. Dans la poursuite de sa réflexion, Job exprimera sa conviction de la présence de Dieu dans son malheur. Cela me fait penser à un fait de vie que j'ai lu. Cela se passait à Auschwitz, un camp de la mort. Les Allemands avaient pendu plusieurs prisonniers. Tous les autres devaient assister à cet événement. À un moment donné, un de ces derniers demande : « Où est Dieu ? » Et un autre de lui répondre : « Il est devant tes yeux, au bout des cordes !»

Dieu n'est pas présent à côté de nos malheurs : il souffre avec nous quand nous avons mal, quand un des nôtres a mal. Job reconnaîtra aussi qu'il n'y a absolument rien à comprendre des malheurs qui l'affligent et que Dieu attend de lui un acte de foi dans sa situation pénible : il y a quelque chose de bon qui en sortira.

Cela m'amène à nous souhaiter que nous soyons des passionnés de la vie en profitant de tout ce qu'elle nous offre, surtout les petites choses. Et quand nous connaîtrons nos moments de révolte comme Job, crions notre peine tout en demeurant convaincus de la présence de Dieu qui fera sortir quelque chose de bon dans toutes nos situations pénibles.

Paul est aussi un passionné, un passionné de l'annonce de la Bonne Nouvelle : « Annoncer l'Évangile est une nécessité pour moi ». Il s'est investi dans cette mission de tout son être mais cela l'aura fait beaucoup souffrir. D'abord, cela prendra du temps avant qu'il ait une certaine crédibilité aux yeux des premiers chrétiens parce que plusieurs croyaient qu'il s'était converti pour infiltrer les groupes de chrétiens en vue de les arrêter. De plus, des communautés chrétiennes, tels les Corinthiens, vivront de manière « bien élastique » le message qu'il enseigne. On interprétera ses paroles, on lui dira de se taire, on le brutalisera; il sera même en sérieuse opposition avec Pierre et Barnabé, son grand ami. Il sera parfois bien découragé de constater le peu de résultats de tous ses efforts. Toutefois, il est demeuré toujours à l'affût de toutes les possibilités qui s'offraient à lui pour annoncer l'Évangile « à temps et à contretemps ».

Il importe que, tout d'abord, nous restions des passionnés de l'Évangile par notre souci de le vivre au quotidien même si cela nous attire des réactions qui nous sont pénibles. Mais aussi, devant le peu de résultats apparents que nous constatons de la transmission de nos convictions, il est urgent que nous trouvions de nouveaux moyens et un nouvel esprit pour parler des valeurs qui nous font vivre. Cela m'est venu à l'esprit d'autant plus qu'on m'a dit cette semaine que, depuis 2 ans, Développement et Paix n'est plus sur la liste des organismes communautaires de Repentigny parce que c'est un organisme rattaché à l'Église catholique; j'ai également lu une déclaration de Mme Lucie Allègre, directrice générale de la Société St-Vincent de Paul, parue dans la revue « L'Itinéraire » du 15 janvier 2012 : « Nous tenons à garder une grande ouverture pour aider tous les gens dans le besoin »; elle disait cela pour justifier le fait que « l'organisation ait délaissé ses origines chrétiennes pour devenir laïque ».

Jésus, un passionné des cours, de la vie en abondance. On peut dire qu'il n'a pas arrêté beaucoup; il va partout pour rencontrer les gens et leur faire tout le bien qu'il peut (ses guérisons, sa prédication) ; mais il a toujours pris le temps de se refaire intérieurement par les périodes de prière qu'il se donne. Je lisais que Jésus était « un être d'abondance, de générosité, de débordement ». Dès qu'il apparaissait, parlait et agissait, les forces du mal reculaient. Il fut souvent « à la source d'une vie rafraîchie et rafraîchissante ».

Notre présence dans la vie des gens doit continuer de s'inspirer de l'exemple de Jésus: agir comme lui, bien sûr, mais avoir le souci de prendre le temps de nous refaire intérieurement.

Vous avez déjà marché avec une petite roche dans votre soulier? Inconfortable, n'est-ce pas ! On l'enlève et on sent un grand soulagement. Je souhaite que nous soyions de mieux en mieux des « spécialistes de l'enlèvement des petites roches » dans le cour des gens car c'est souvent juste de cela que les gens ont besoin pour poursuivre leur vie de manière rafraîchie et rafraîchissante: les forces du mal auront reculé.

Prions pour croître dans notre passion de la vie, même si elle nous est parfois pénible (notre vie n'est pas toujours belle, mais c'est beau la vie !), de l'Évangile au point d'être de plus en plus ingénieux pour témoigner de nos valeurs, du bien-être du cour des gens.

Serge Charbonneau, ptre (selon diverses sources)
5e dimanche du temps ordinaire «B »

PARLER AVEC L'AUTORITÉ DU COEUR

Texte du dimanche 29 janvier 2012

Une expression de l'Évangile m'a beaucoup touché : « Il enseignait en homme qui a autorité et non pas comme les scribes ». Pourtant les scribes, ce sont des gens qui faisaient aussi autorité : ils connaissaient fort bien les Écritures mais la foule semblait remarquer autre chose dans l'« autorité » de Jésus.

À ce propos, deux choses me sont venues à l'esprit : ce que dit Jésus s'appuie davantage sur son lien profond avec Dieu alors que les scribes semblent plus des gens de « la loi, c'est la loi » (pensons à la réflexion de Jésus sur le sabbat) et il parle avec tout son cour. Ça paraît quand quelqu'un nous dit quelque chose avec tout son cour ! Une autre personne nous dirait la même chose et on s'aperçoit que c'est pour la forme, par politesse.

Au fond, l'enseignement de Jésus fait autorité parce que lui-même est personnellement et totalement impliqué dans ce qu'il dit. Il savait se faire proche de ce que vivent les gens, pour guérir leurs blessures intérieures et extérieures et leur redonner leur dignité, pour chasser les démons qui les habitaient et leur rendre ainsi la paix intérieure.

Mais sa parole dérangeait parfois, remettait en question des habitudes, des certitudes (par exemple, ses propos sur le pardon, la réponse à propos de l'origine de la cécité de l'aveugle-né, ses propos sur le Pain de Vie qui ont provoqué le départ de plusieurs de ses disciples). En effet, si son enseignement plongeait une partie de son auditoire dans l'émerveillement, une partie de ce même auditoire est heurtée par ses paroles.

Quand nous avons été baptisés, nous avons été, pour ainsi dire, plongés en Jésus pour le laisser nous conduire, nous éclairer afin que notre parole fasse, comme Lui, autorité. Dans le contexte actuel, avoir une Parole qui fait autorité, ce n'est pas tant alors chercher à être convaincants, mais à être convaincus. Il est essentiel que cela paraisse que notre Parole s'inspire de celle de Jésus qui lui était en communion profonde avec le Père. Il importe que ce que l'on dise vienne du cour et ne soit jamais pour la forme. En d'autres mots, il nous faut être «passionnés».

Une personne passionnée, c'est quelqu'un d'ardent, c'est-à-dire une personne qui parle à partir de l'endroit d'elle-même où elle est le plus elle-même; c'est quelqu'un qui voit grand; cela ne veut pas dire d'avoir des projets éclatants mais qui invite au dépassement dans certaines réalités de la vie; c'est quelqu'un qui n'a pas honte de témoigner de qui le fait vivre même si cela peut susciter de l'opposition, du mépris ou de la gêne de la part d'autres personnes, comme Jésus l'a vécu d'ailleurs; c'est quelqu'un qui est ouvert et accueillant par rapport à autrui, qui croit que les gens sont encore capables de choses formidables; j'ai déjà lu que: « Autrui est un souffleur; il nous suggère, nous souffle mille manières de vivre bien mais autrement, de tracer de nouveaux chemins porteurs de vie ».

Soit dit en passant, je trouve vraiment heurtant les propos de ces personnes qui voudraient que les immigrés s'insèrent tellement dans notre culture que la leur disparaisse à toute fin pratique: « Ils sont chez nous; et puis si on était chez eux, je vous dis qu'il faudrait s'intégrer...! » Je veux bien que les nouveaux arrivants s'intègrent de mieux en mieux chez nous mais nous n'aurions rien à recevoir d'eux ? De toute façon, j'ai déjà entendu qu'on pouvait sortir quelqu'un de la Gaspésie mais on ne pouvait pas sortir la Gaspésie de quelqu'un. Cela devrait être vrai pour les pays!

Pour rendre tout cela plus concret, il est nécessaire de trouver des mots qui libèrent les cours, des mots qui fortifient, des mots qui permettent de surmonter les peurs et les angoisses; des mots qui aussi, dans certaines circonstances, interpellent, bousculent pour le mieux. En résumé, des mots qui offrent la vie et qui invitent à vivre mieux dans tout son être.

Pour y arriver, il est essentiel de laisser sans cesse la Parole de Dieu nous questionner, nous faire réfléchir sérieusement afin d'avoir un cour de plus en plus semblable à celui de Jésus, ce qui nous fera parler véritablement avec cour.

Louons le Seigneur de nous confier une telle mission dans ce monde dans lequel tant de gens sont en recherche intérieure. Demeurons convaincus de la bonté et de la beauté de ce que Jésus nous dit pour vivre avec qualité et laissons-le faire germer ce que nous aurons semé par notre parole proclamée avec autorité, avec passion.

Serge Charbonneau, ptre (d'après diverses sources)
4e dimanche du temps ordinaire «B» 30 janvier 2012

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Texte du dimanche 22 janvier 2012

TÉMOIGNER DE LA PRÉSENCE DE DIEU DANS LE MONDE

Nous retrouvons, dans l'Évangile d'aujourd'hui, deux lieux très importants du ministère de Jésus : la Galilée et le bord du lac.

La Galilée était une terre où on retrouvait des croyances de toutes sortes qui se mêlaient les unes les autres comme on en retrouve encore aujourd'hui dans nos milieux de vie. Quant au bord du lac, c'est un endroit familier de la population locale. Jésus va donc au devant des pêcheurs, dans la simplicité de leur quotidien, un signe qu'il voudra se faire proche de l'ordinaire de la vie des gens.

Dans ce contexte, Jésus proclame que le règne de Dieu est tout proche. Une manière pour lui de dire: « Le temps est venu où le monde de Dieu se fait sentir, où le grand projet d'amour et de paix que fait Dieu sur sa création se réalisera pleinement: alors, changez votre attitude et faites confiance à l'Évangile », dit Jésus.

Bien sûr qu'il y a eu du chemin de fait depuis l'époque de Jésus, mais le projet d'amour et de paix de Dieu demeure bien à l'ordre du jour, n'est-ce pas ? Et changer certaines de nos attitudes, faire confiance encore plus à l'Évangile restent des appels qui conservent toute leur importance pour nous.

Changer nos attitudes, c'est, selon l'expression de Jésus, se convertir. Le sens du verbe « se convertir » en hébreu est: faire demi-tour. En quoi consiste ce « demi-tour » ? Il s'agit d'opter résolument pour Dieu, de vivre dans le monde présent à la manière du Christ. Et à ce propos qui peut dire en vérité qu'il n'y a pas de problème et que « tout va très bien, madame la marquise ! » ? La conversion demandée par Jésus ne consiste pas d'abord en ouvres de pénitence, mais doit se rendre visible dans l'énergie que nous mettons à mieux suivre Jésus. Quelles peuvent être les conséquences de cette conversion à renouveler régulièrement ?

Je désire faire état des pistes suivantes : elle questionne le sens que nous donnons à notre vie et les valeurs que nous faisons nôtres, ce qui devrait nous permettre d'être de plus en plus en plénitude l'être unique que nous sommes ; elle nous rappelle que nous avons toujours à dépasser notre penchant pour la possession: possession d'objets, de richesses, de statut social, possession également des autres à travers diverses formes de manipulations subtiles; elle nous amène à faire un examen de conscience sur la manière dont nous réagissons aux événements qui nous affectent; elle nous invite à nous poser des questions comme celles-ci : qu'est-ce qui unifie notre vie et lui donne une direction ? Dans ce qui fait la trame de notre vie, qu'est-ce que nous jugeons comme plus important ? Quelles sont nos priorités ? Qu'est-ce qui habite nos désirs et nos rêves ?

Faire confiance encore plus à la Bonne Nouvelle ! Quand nous sommes dans cette église, cela nous apparaît évident. Ce qui est loin d'être toujours le cas dans nos différents entourages car nous basons notre existence sur l'histoire de Jésus racontée par les Évangiles que de nombreuses personnes de notre époque trouvent bizarre parce qu'elle propose une vision du monde, une façon de vivre en humains qui les choquent à plusieurs égards : on n'a qu'à penser aux questions de justice, de fidélité et de pardon.

Pour nous soutenir à emprunter ces chemins dont je viens de faire écho, Jésus nous invite à continuer de le suivre, d'être derrière lui. Il se propose non seulement comme le maître qui enseigne le droit chemin, mais comme le compagnon de vie qui donne la force de vivre selon l'Évangile. C'est ainsi que nous pouvons nous risquer encore dans ce monde, en toute confiance, avec courage et détermination.

Pour y arriver avec de plus en plus de qualité, il importe de nous rappeler que nous avons besoin les uns des autres pour, entre autres, nous encourager dans nos moments difficiles et d'une vie spirituelle de mieux en mieux nourrie. Que notre célébration d'aujourd'hui y contribuer en abondance !

Serge Charbonneau, ptre. (d'après diverses sources).
3e dimanche du temps ordinaire «B» 22 janvier 2012

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Texte du dimanche 15 janvier 2012

CHERCHER, VENIR, VOIR, DEMEURER

Nous retrouvons dans cet extrait de l'évangile de Jean (1:35-42) les quatre verbes-clés qui désignent la relation avec Jésus et représentent donc le vrai disciple.

CHERCHER:

Une grande question fondamentale qu'on se pose souvent à propos de nombreuses situations de vie. En posant la question à Jean et André : « Que cherchez-vous ? », Jésus invite ces hommes à prendre conscience et à nommer leur désir. C'est la même chose pour nous. Sa seule présence dans notre vie doit nous amener à nous interroger sans cesse sur l'orientation profonde de notre vie ici et maintenant et nous remet devant notre responsabilité de lui donner un sens. Où allons-nous avec notre façon de vivre ? Il pourrait aussi nous demander : « Qu'attendez-vous de moi ? » Pourquoi me cherchez-vous ? Au fond, qui cherchez-vous en gardant le contact avec moi ? Qui cherchez-vous dans votre prière, dans votre eucharistie, dans vos dévotions ?

DEMEURER:

« Où demeures-tu ? », cela ne veut pas dire seulement « Où fais-tu école ? », mais « Toi qui est l'Agneau de Dieu, fais-nous voir quelle est ta relation avec Dieu, et donne-nous de demeurer comme toi dans l'intimité de Dieu ». Cela signifie, entre autres, d'entrer sans cesse dans le nouvel ordre de relations qu'il crée, un ordre fait de gratuité, de considération mutuelle, de communion, d'être convaincu que tout ce qui est humain peut devenir divin. Cela signifie également aimer à la manière de Dieu, c'est-à-dire avec une bonté généreuse, sans exclusion, sans condition, sans calcul.

En lien avec le fait de vouloir «  demeurer » avec Jésus, j'ai lu les deux réflexions suivantes : « On n'utilise pas Jésus Christ, comme Dieu d'ailleurs. Jésus n'est pas utile ». « Jésus, ça sert à quoi ? Il faut aimer Jésus Christ pour lui-même, pour rien, comme on aime, quoi ! ».

Si les premiers appelés « demeurèrent près de lui », c'est en l'accompagnant sur le chemin qui les a conduit d'expériences en expériences. Cela leur a permis de vivre une plus grande intimité avec le Seigneur. Cela devrait être aussi notre cas alors que, cette fois, Jésus nous a accompagnés sur le chemin de nos expériences.

VENIR ET VOIR:

La réponse ne précise ni ne prescrit le comment faire. Jésus invite simplement à une démarche d'abandon confiant, à une réponse de foi qui consiste à se confier totalement à lui.

« Venez », cela veut dire tout à la fois partir, quitter, donc laisser du connu pour se mettre en route, aller devant. C'est un pari vers l'inconnu. La rencontre de Jésus requiert un déplacement pour aller là où Jésus demeure et rester auprès de lui. Jésus offre de prendre un contact personnel avec lui, de converser avec lui, de le connaître de plus en plus intimement, en vue de pouvoir mieux adhérer à lui.

Le « voir » n'est pas avant le « venir ». Ce n'est pas « je verrai » et « je viendrai »; c'est « venez et vous verrez ». Il faut d'abord quitter pour voir. « Voir » et non « savoir ». Ce n'est pas « venez et apprenez », « venez et je vous enseignerai », « venez et vous saurez », mais « Venez et vous verrez ». Ce n'est donc pas « je croirai quand je comprendrai » comme on l'entend souvent. Tout est dans l'ordre du cour. Jésus invite à un « voir » en profondeur ; pour y arriver, il faut sans cesse veiller à se laver les yeux du cour.

Chercher, demeurer, voir et venir ne sont pas des réalités statiques. Notre vie évolue : on change jour après jour. On s'en aperçoit quand on jette un regard en profondeur sur ce qu'on a vécu durant quelques semaines ou quelques mois. Il importe donc de se donner des occasions pour se demander ce qu'on cherche actuellement afin de demeurer davantage dans l'intimité du Seigneur. Venir, à savoir qu'est-ce que nous avons à « quitter » pour encore aller devant, cela afin de mieux voir: se voir, voir les autres, voir ce monde, voir Dieu dans ce monde.

En conséquence de ce que je viens de vous partager, en lien avec Samuel qui, dans toute son innocence, a répondu au premier appel du Seigneur : « Me voici ! », disons-lui, à notre tour, à cette étape de notre vie : « Me voici ! ».

Serge Charbonneau, ptre. (d'après diverses sources).
2e dimanche du temps ordinaire «B» 15 janvier 2012

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